Comment fonctionne un arbitrage en assurance-vie ?

Expert Benoît Fruchard
Benoît Fruchard
Mis à jour le 02 août 2021

Si vous ouvrez ou possédez déjà un contrat d’assurance vie, vous aurez peut-être entendu parler de « l’arbitrage ». Cette opération, réservée aux contrats multisupports, consiste à répartir votre épargne entre plusieurs supports d’investissement. Il s’agit d’une stratégie de redistribution stratégique de votre capital qui peut vous apporter de meilleures performances selon les évolutions des marchés financiers et selon vos objectifs. Manuel, ponctuel, automatique… l’arbitrage peut être divers et son organisation varie selon votre type de contrat. Alors, comment fonctionne l’arbitrage en assurance-vie et pourquoi y avoir recours ?

Qu’est-ce que l’arbitrage en assurance-vie ?

Par définition, le terme « arbitrage » désigne, dans un contexte financier, une situation de choix qui s’impose à un agent économique. Tout comme dans le langage courant, arbitrer dans un contexte économique revient donc à choisir entre plusieurs alternatives. 

Dans le cadre d’un contrat d’assurance vie, on parle d’arbitrage lorsque le gestionnaire du contrat déplace et réinvestit l’épargne assurance-vie de son client. Autrement dit, l’arbitrage en assurance vie consiste à réinvestir une partie de votre épargne d’un support vers un autre en cours de contrat.  L’arbitrage offre donc la possibilité de changer la répartition de votre capital non seulement entre le fond en euros et les unités de compte (UC), mais également sur les UC proposées elles-mêmes. Une telle opération nécessite donc de manier et répartir les fonds pertinemment, en fonction de la conjoncture économique.

Avant d’entrer plus en détail sur la notion d’arbitrage en assurance vie, il est nécessaire de préciser qu’il s’applique uniquement aux contrats multisupport, c’est-à-dire avec un capital investi à la fois en fonds euros et en unité de compte (UC).  De fait, avec ce type de contrat, vous pouvez demander à votre assureur ou gestionnaire de vendre certains titres de votre portefeuille pour en acheter d’autres, c’est le propre de l’arbitrage. A contrario, si vous possédez un contrat monosupport vous n’êtes pas concerné par les opérations d’arbitrage.

Pourquoi faire un arbitrage ?

De manière générale, si vous souhaitez valoriser votre capital, il vous sera judicieux de recourir à l’arbitrage car il permet de faire évoluer votre contrat d’assurance vie selon le contexte et vos objectifs. 

En tant que souscripteur à un contrat d’assurance vie multisupport, vos placements d’origine peuvent être composés d’une partie dans certains supports en unités de compte (qui comportent un certain risque), et une autre partie sur un fonds en euros (support d’investissement plus sécurisé). Au fil des mois ou des années, vous pourriez être amené à déplacer la répartition de ces placements afin de mieux l’adapter à votre horizon de placement. 

Par exemple, si votre appétence au risque grandit, vous serez peut-être amené à placer davantage dans votre support en UC.

La plupart des fonds en euros ne sont plus garanti à 100 %. Les taux d’intérêts étant historiquement bas, les assureurs sont obligés d’incorporer des unités de compte pour avoir un meilleur rendement dans leurs fonds euros.

L’arbitrage est donc extrêmement pratique car il permet de modifier votre stratégie d’investissement et de l’adapter à votre objectif. Que cela soit de dynamiser votre épargne ou au contraire, de la sécuriser davantage. 

L’arbitrage permet de profiter des opportunités des marchés liées au contexte économique et boursier présent afin de valoriser au mieux votre épargne. De plus, l’arbitrage est une opération stratégique pour tenter d’anticiper les fluctuations des marchés et d’optimiser le rendement de votre assurance-vie. 

Ainsi, diverses raisons peuvent vous inciter à faire un arbitrage en assurance-vie et, selon vos objectifs, vous pourrez trouver cette opération très bénéfique.

Arbitrage automatique et arbitrage manuel : quelle différence ?

En assurance vie, l’arbitrage peut être manuel et ponctuel : dans ce cas, le souscripteur fait lui-même la demande d’arbitrage.

Toutefois, l’arbitrage peut également être automatique et inscrit dans le contrat.

L’arbitrage automatique autorise ainsi l’assureur à transférer, sans intervention de votre part, une partie de votre capital d’un support d’investissement vers un autre. Bien entendu, vous pourrez définir au préalable tous les paramètres de cet arbitrage automatique et décidez ainsi de ces divers critères :

  • Le montant de la somme à transférer ;
  • L’intervalle de ces transferts ;
  • Les supports d’investissement sur lesquels vous souhaitez réinvestir la somme.

Vous pouvez modifier ou suspendre votre arbitrage automatique et les options de gestion à tout moment.

Généralement, l’arbitrage automatique est mis en place dans le cadre d’un mode de gestion pilotée ou d’un mode horizon projet ou retraite. En effet, l’assurance vie est alors confiée à un expert financier qui pilotera lui-même les différents supports de votre contrat afin que vous en tiriez le meilleur parti, en accord avec vos objectifs.

Comment procéder à un arbitrage ?

Dans le cadre de l’arbitrage manuel et ponctuel, vous pouvez en faire la demande de 3 manières différentes :

  • Demande par courrier adressée à votre assureur en recommandé avec accusé de réception ;
  • Demande au guichet, soit par téléphone, e-mail ou SMS ;
  • Demande en ligne adressée sur le site internet sécurisé de votre assureur.

Dans cette demande, il vous faudra impérativement préciser la nature de l’arbitrage, c’est-à-dire le support que vous souhaitez désinvestir, le nombre de part exact dont il est question et le support sur lequel vous souhaitez déplacer la somme. 

Quant à l’arbitrage automatique, celui-ci ne nécessite aucune action de votre part.

Comment sont calculés les frais de gestion d’une assurance vie ?

Dans votre contrat assurance-vie, vous pouvez compter trois grands types de frais récurrents :

  • Les frais d’entrée (aussi dénommés frais « sur versement » ou « commerciaux ») ;
  • Les frais de gestion ;
  • Les frais d’arbitrage (uniquement sur les contrats multisupports).

Ces derniers, dont il est question ici, se calculent lors de l’opération d’arbitrage en elle-même : l’assureur facture des frais proportionnels au montant de la somme transférée.

Selon votre contrat assurance vie, ces frais d’arbitrage peuvent être prélevés par l’assureur de deux manières différentes :

  • Prélèvement en pourcentage : ils dépassent rarement 1 % et sont calculés par les assureurs et les gérants au moment de l’opération d’arbitrage, sur le montant arbitré. 
  • Prélèvement au forfait : une somme fixe est prélevée sur chaque opération d’arbitrage. Cette somme se trouve généralement entre 10 € et 30 €. 
  • Système de « jetons » : l’assureur vous autorise à avoir un ou plusieurs frais d’arbitrage gratuits chaque année et vous facture les opérations supplémentaires.

Nous vous proposons ce tableau comparatif des frais d’arbitrage sur divers contrats d’assurance-vie proposées par les banques traditionnelles : 

DistributeurContratFrais d’arbitrage
Caisse d’épargneNuances 3D0,80 % sur la somme arbitrée
FortunéoFortuneo VieFrais d’arbitrage automatique : 28 euros
Frais d’arbitrage à la demande : gratuits en ligne
Crédit mutuel CICPlan Assurance Vie0,50 % sur la somme arbitrée
LCLLCL Vie0,70 % sur la somme arbitrée
Crédit AgricolePredissime 9 et Floriane 20,50 % sur la somme arbitrée
BoursoramaBoursorama vie0 %

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